09-11-2007

Meeting du Modem : Un Bayrou très nature

Pendant plus d’1h30, le leader centriste a répondu aux questions des militants lyonnais rassemblés au Double mixte à Villeurbanne. Mais une polémique sur la main mise de certains barons du parti sur les fichiers remet en doute la transparence de la prochaine consultation des militants.

“Un changement culturel”. C’est ainsi que François Bayrou a présenté la consultation des adhérents centristes lyonnais pour désigner leur candidat à la prochaine élection municipale. Tout au long de la soirée, le leader du Modem a défendu cette “expérimentation lyonnaise”. Mais il a aussi défendu sa nouvelle ligne ni droite-ni gauche. Ainsi, répondant à un jeune adhérent de Francheville qui lui reprochait d’avoir cessé d’être un allié systématique de l’UMP, Bayrou a marqué une nouvelle fois sa différence avec Nicolas Sarkozy : “moi, je n’ai aucune admiration pour le modèle de la société américaine qui se distingue par des inégalités croissantes.” Tout en défendant son choix de travailler, en fonction des programmes et des circonstances, avec des élus de droite comme de gauche. “Après tout, Azouz Begag était bien dans le même gouvernement que Dominique Perben”, a-t-il fait remarquer avec un clin d’oeil à cet ancien ministre présent au premier rang, tout en estimant qu’il ne fallait pas croire que “le monde politique était peuplé d’ennemis irréductibles.” Ainsi, il a défendu la cogestion de la Communauté urbaine avec Gérard Collomb qui a pris 5 vice-présidents centristes. “Notre objectif est d’avoir un groupe autonome au Grand Lyon mais on ne va pas gérer cette instance de manière partisane.”
Globalement, la salle semblait largement acquise à cette stratégie applaudissant les discours mobilisateurs de François Bayrou qui a martelé qu’il voulait “faire émerger une famille politique nouvelle”, tout en huant les rares intervenants pro-UMP.


Des fichiers mystérieux


Seul ombre au tableau de la soirée : une polémique sur les fichiers d’adhérents. Toujours très naturel, François Bayrou n’a pas cherché à cacher "les faiblesses" de son mouvement face aux questions des militants sur les dysfonctionnements de l'organisation de son nouveau parti. En revanche, les militants ne sont pas repartis convaincus de son explication sur les fichiers. En effet, plusieurs responsables locaux du Modem ont reproché publiquement à Michel Mercier, président du conseil général du Rhône et patron de l’UDF dans le Rhône, de ne pas leur avoir communiqué les coordonnées des adhérents dans leurs communes. Ce qui les empêche bien sûr de les contacter pour les mobiliser. L’équipe de Richard Morales, le candidat Modem à Villeurbanne venu en force, avait même dressé un stand à l’entrée du meeting pour identifier les nouveaux adhérents de sa commune ! Pris au dépourvu, François Bayrou s'est tourné vers Michel Mercier , visiblement agacé, qui a pris le micro pour se justifier en confirmant qu'il ne fallait "pas compter sur lui pour communiquer ces fichiers" en expliquant que c’est la CNIL qui interdisait la “diffusion des fichiers politiques”. Même à des responsables de son parti. Venant à son secours, Bayrou a voulu démontrer que tous les partis politiques étaient soumis à cette interdiction en donnant la parole à un ancien militant du PS mais celui-ci a au contraire expliqué qu'au PS, chaque responsable de section dispose d’un fichier d’adhérents... Une polémique qui vient semer un trouble sur la transparence de la prochaine consultation des militants pour désigner la tête de liste Modem à Lyon. En effet, François Bayrou ayant exigé que chaque candidat à la candidature pour la tête de liste du Modem à Lyon décroche 80 parrainages pour avoir le droit de se présenter, leur bloquer l’accès à ces fichiers risque de privilégier les apparatchiks soutenus par les barons traditionnels de l'UDF lyonnaise.

 

Commentaire

zen49

Parce que vous croyez qu'ailleurs ce n'est pas la même chose ????. Allez donc voir sur le 14, le 35, le 49, l'Isère, le Nord..... François Bayrou est trahi et il le sait très bien. C'est ça la politique. http://zen-fiatlux.blogspot.com

romain blachier

je me suis fendu d'une petite analyse perso de ce que la visite de Bayrou va changer dans les primaires du modem www.romain blachier

Marc A

Moi je suis ni Modem, ni UMP mais je trouve quand même incroyable que Mercier continue à jouer au plus malin. Car il impose aux candidats à la candidature pour ces municipales de réunir 80 signatures de militants. Tout en leur interdisant d'accéder aux fichiers des militants !

Vive la transparence!

En réponse au précédent commentaire, je voudrais dire que si j'étais militant UMP, je m'abstiendras de parler de manque de transparence à l'UDF/MoDem, je trouve ça gonflé! C'est l"hopital qui se moque de la charité!

FixPenicaud

je me dois ue correction de ces dires. Premier élément, la tribune (Bayrou, Mercier, Geourjon, Dini) a pris l'engagement de diffuser rapidement les fichiers municipalité par municipalité. Et Michel Mercier n'a pas contesté l'enagement de François Bayrou contrairement à ce que l'article dit, il a simplement modéré - un brin agacé il es vrai par le petit mensonge de F. Bayrou de qui venait la "censure" de diffusion - que l'on ne pouvait pas diffuser à souhait les fichiers en raison de la CNIL. Il y a effectivement un débat sur la diffusion de ces fichiers, mais Michel Mercier n'en est pas à l'origine, je tiens à le souligner. Pour ce qui est de la CNIL, l'un des problèmes vient qu'il est difficile d'estimer l'appartenance des fichiers UDF et MoDem et de ce fait la diffusion de droit qu'il en est. En effet la CNIL autorise une diffusion au sein d'un même organisme collecteur, mais interdit le libre échange de fichiers entre des institutions différentes. Par ailleurs il faut qu'à la collecte (ici l'adhésion) le préimètre de diffusion des données personnelles soit précisé et que la personne collectée puisse émettre un avis positif ou négatif sur cette diffusion. En l'occurence la précipation avec laquelle a due être faite la procédure d'adhésion nous force a être vigilant sur ces questions. Il convient donc de saisir que la fondation du nouveau mouvement démocrate pose aussi ce type de problématiques logistiques auxquelles nous devrions apporter solutions avec les différents changements structurels donnés par le congrès fondateur du 1 et 2 décembre.

yves

vous en avez pas marre de radoter.

Un ex-UDF mainenant UMP

Comme je peux le constater la transparence n'est toujours pas de mise à l'UDF/MoDem. Michel MERCDIER est toujours aussi obtu et dirigiste, voir un peu dictateur. Ce n'est comme ça que le MoDem pour être représentatif sur Lyon. MERCIER ne veut surtout pas faire de l'ombre à Gérard COLOMB, COLOMB à Lyon MERCIER au département du Rhône (qui ne souhaite pas perdre sa place). Nous avons tous ras le bol de ces magouilles et de ces arrangements rodés depuis trop longtemps (Région Rhône Alpes = QUEYRANNE, LYON COURLY = COLOMB, Dpt du RHONE = MERCIER).
1
 

Publicité ▼