04-03-2008

Grève de la faim pour une infection nosocomiale

A 58 ans, Gérard Brisebard qui est en grève de la faim depuis le 10 janvier a perdu plus de 20 kg. Son objectif : faire reconnaître une infection nosocomiale qu’il aurait contractée en 1991 à l’hôpital Edouard Herriot.



Pourquoi cette grève de la faim ?

Gérard Brisebard : Je veux qu’on reconnaisse que le staphylocoque doré que j’ai attrapé est lié à une opération que j’ai subie en 1991, à Edouard Herriot. A la suite d’une agression, j’avais dû bénéficier d’une greffe du nerf sciatique mais je suis ressorti avec une infection nosocomiale. Pourtant après 17 ans de procédure, je ne parviens toujours pas à me faire entendre. D’où cet ultime recours de la grève de la faim.

Les conséquences de cette infection nosocomiale ?

C’est simple, j’ai tout perdu. Ma femme, mon boulot... A l’époque, j’étais jardinier paysagiste, mais avec cette infection, je n’ai plus eu le droit de travailler. Ce qui m’a complètement déprimé. En fait, on a dû me couper l’os du talon un an après mon opération et depuis j’ai des séquelles avec des résidus d’os qui se baladent. D’ailleurs, je me déplace seulement avec des béquilles. Aujourd’hui, on me propose l’amputation au niveau du genou. Mais ce n’est pas tout. J’ai désormais du diabète, de la tension et je suis devenu cardiaque. Tout ça alors que la chirurgien de l’époque m’a affirmé que ce n’était rien, que ça allait passer ! Donc je ne fais plus confiance aux médecins.

Les démarches que vous avez entreprises ?

J’ai déposé plainte dès le départ. Mais elle n’a été retenue qu’à partir de 1996, année de la création des comités de lutte contre les infections nosocomiales. Un an plus tard, j’ai saisi le tribunal administratif mais j’ai été débouté. Puis une expertise a conclu à l’absence de faute médicale et de de négligence de la part de l’hôpital. Pourtant, un certificat médical de 1991 atteste qu’il y a bien eu infection nosocomiale. Je me bats donc pour obtenir une nouvelle expertise et les hospices civils de Lyon sont sur le point de l’accepter. L’idée étant d’obtenir une indemnisation à l’amiable. Car la loi Kouchner datant de 2002, il n’y a pas de rétroactivité et je ne pourrai donc pas obtenir d’indemnités par voie judiciaire.



A lire ce mois-ci dans Lyon Mag, un grand dossier sur les erreurs médicales.

 

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