17-03-2008

Expatrié : un Lyonnais roi de l'inox au Brésil

Depuis trois ans, le Lyonnais Jean-Philippe Demaël gère la filiale brésilienne d’Arcelor-Mittal au Brésil. Tout en étant président du club de foot de Gueugnon.



Comment vous vous êtes installé au Brésil ?

Jean-Philippe Demaël : Depuis 1998, je travaille pour Usinor, devenu Arcelor-Mittal en 2006, le leader mondial de l’acier. J’ai d’abord été en poste à Paris puis en Suisse. Et en avril 2005, on m’a proposé de devenir président d’Acesita, la filiale brésilienne d’Arcelor à Belo Horizonte.

Vous avez hésité avant de partir ?

Oui, car ce départ entraînait beaucoup de changements dans ma vie familiale. Ma femme devait quitter son job chez EDF à Paris, il fallait inscrire nos enfants dans des écoles brésiliennes car il n’y a pas d’école française à Belo Horizonte... Mais j’ai craqué car Acesita est en pleine croissance, puisque c’est le seul producteur d’acier inoxydable en Amérique du sud, avec des résultats impressionnants : en 2007, on a fait 2,5 milliards de dollars de chiffre d’affaires pour un résultat de 500 millions de dollars avec 5 000 salariés ! En fait dans le secteur de l’acier inoxydable, c’est l’entreprise la plus rentable du monde !

Comment expliquer ces performances ?

D’abord parce que les Brésiliens sont très bien formés. D’ailleurs, 97 % des ouvriers de notre usine ont le niveau bac. Et puis les cadres brésiliens vont souvent se former en Europe ou aux Etats-Unis.

Votre rôle dans l’entreprise ?

Tenir nos objectifs. Notre siège est à Belo Horizonte et notre usine se situe à 100 kilomètres de la ville, où on fabrique de l’acier pour des produits très différents : casseroles, transformateurs, moteurs, pots d’échappement... Mais on est également propriétaire de 120 000 hectares de forêts où on produit du charbon de bois pour nos fourneaux.

Comment s’est passée votre intégration au Brésil ?

Bien, car j’ai pris des cours de portugais accélérés pour m’intégrer le plus vite possible ! Puis ma famille m’a rejoint. Mais ça a été plus dur, surtout pour mes enfants qui ont débarqué dans une maternelle brésilienne sans parler un mot de portugais ! Résultat, ils ne voulaient plus aller à l’école. Mais aujourd’hui, ils sont bilingues.

Vos relations avec les Brésiliens ?

Excellentes, car la plupart des Brésiliens sont ouverts, sympas, chaleureux... Du coup, on s’est rapidement fait des amis. En plus on a une qualité de vie exceptionnelle, parce que le coût de la vie est très inférieur à la France. Et puis Belo Horizonte est une ville qui ressemble un peu à Lyon, avec des gens discrets et réservés. Comme les Lyonnais ! Et on se sent en sécurité ici, contrairement aux mégalopoles comme Sao Paulo ou Rio de Janeiro.

Votre style de vie ?

On vit dans un grand appartement en centre-ville. Et on voyage beaucoup dans ce pays de 170 millions d’habitants qui est grand comme 15 fois la France. On a notamment visité Ouro Preto, une ville coloniale près de Belo Horizonte, qui est classée au patrimoine mondial de l’Humanité. Mais aussi Rio, Sao Paulo, Salvador de Bahia... Sans oublier Fernando de Noronha, une île au nord du pays qui est un vrai petit paradis terrestre ! Enfin, je m’éclate au Brésil car c’est le pays du foot, ma passion !

Vous avez assisté à des matchs au Brésil ?

Oui bien sûr, notamment des matchs des clubs de Belo Horizonte, où ont joué de nombreux Brésiliens de l’Olympique lyonnais : Cris, Fred, Caçapa... Grâce à Bernard Lacombe, j’ai même rencontré Marcelo, le recruteur de l’OL au Brésil, pour qu’il essaie de trouver des joueurs pas trop chers pour le FC Gueugnon dont je suis le président .



Propos recueillis par Aymeric Blanc

 

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