Mon dernier blog sur le tribunal de commerce a provoqué quelques vagues. Ce qui n’est pas vraiment une surprise. D’ailleurs c’était l’objectif. Première surprise : on a eu droit à des centaines de mails.
Et notamment beaucoup de petits patrons qui eux aussi ont eu à faire à cette juridiction. Et qui dénoncent les magouilles, les réseaux... De quoi remplir Lyon Mag pendant un an ! Chacun a son histoire, son témoignage. Je savais qu’il y avait un problème avec ce tribunal, mais pas à ce point là.
Du coup, le président du tribunal de commerce a demandé à me voir. Pas content, le président. C’est le genre sec, carré... Mais il m’a paru attentif et assez ouvert. J’en ai profité pour m’expliquer. Pour expliquer que Lyon Mag, ce n’était pas simplement une entreprise. Mais une sacrée aventure, une équipe soudée, des convictions fortes. Pour lui expliquer aussi qu’on en a marre de cet acharnement judiciaire et de ces pressions de Christian Latouche, le pdg de Fiducial... Et surtout j’ai essayé de lui faire comprendre que l’équipe de Lyon Mag est aujourd’hui pris dans un engrenage qui la pousse vers la radicalité. Avec en perspective, l’explosion de Lyon Mag.
Il me propose une médiation. Sans hésiter j’accepte. Mais je suis sceptique car Latouche a déjà refusé trois fois de s’asseoir autour d’une table depuis le début de cette bagarre. Espérons quand même.
Les Hospices civils n’ont toujours pas voté leur budget. Alors que le mois de mai est là. Incroyable. Pourtant les HCL c’est 1,5 milliard d’euros de budget, 20 O00 salariés, des dizaines d’hôpitaux... Mais cette année on annonce un déficit de 150 millions d’euros. En interne, c’est le foutoir. Démotivation, gaspillages, désorganisation, absentéisme... En plus, les clans se déchirent et les syndicats gueulent. D’ailleurs on annonce un plan de restructuration sévère. Comment sortir de cette impasse ? On se demande si la seule solution, ce n’est pas de faire exploser ce monstre. Ingérable. Irréformable. Une illustration parfaite de la crise profonde qui secoue aujourd’hui le système de santé. Une crise qui n’est pas prête d’être résolue car en face les décideurs savent bien quelles décisions il faut prendre : économiser, rationaliser, réorganiser... Mais ils n’osent pas. Car ils ne veulent pas se mouiller. Et affronter les inconscients qui défendent le statu quo.
Christian Cabal est mort il y a quelques semaines. Un vieil ennemi de Lyon Mag. Député UMP, il était surtout l'homme fort de la Caisse d’Epargne de Saint-Etienne au moment du fameux scandale. Et bien sûr Lyon Mag avait bastonné sur cette affaire en le traitant de ripou. D’où une série de procès. A Saint-Etienne, on avait été condamné sévèrement. Près de 150 000 euros, je crois. A Lyon, la cour d’appel avait été plus soft. A Paris, en cassation, on avait fini par gagner. Une sacrée bagarre. Je me souviens qu’un jour, à la fin d’un procès, j’étais allé le voir. Je voulais sentir le personnage. Et lui demander pourquoi il s’acharnait sur nous. Il s’est marré. On a discuté quelques minutes. Un type assez rugueux mais très direct. On a fini par se serrer la main. Et la bagarre a continué. Mais une bagarre frontale, sans coups bas. Et sans haine. Voilà pourquoi je tenais à saluer le bonhomme.
Finalement ce sera le 29 mai. Je vous avais dit le 6. Mais on a repoussé notre fête pour avoir le temps de lancer des invitations. J’ai vu le carton, assez drôle : “Venez fêter avec nous le printemps de Lyon Mag” avec un CRS qui ressemble à Latouche ! Du rose et des petites fleurs, c’est très soixante-huitard. Normalement ça devrait se dérouler au 33, la fameuse brasserie de la Cité Internationale. L'objectif c’est de remercier tous ceux qui nous ont aidés dans cette bagarre contre le pdg de Fiducial. Une fête qui sera parrainée par Jean-François Kahn, le fondateur de Marianne. C’est Lionel Favrot, le directeur de la rédaction de Lyon Mag, qui a pris contact avec lui. Une bonne idée. Et Kahn a accepté spontanément. Au fond, Marianne c’est tout à fait dans le style Lyon Mag. Je me souviens de JFK quand il a lancé son premier hebdo, l’Evènement du Jeudi. J’étais jeune journaliste et ‘javais cassé ma tirelire pour acheter une action. C’était au début des années 80. Il avait organisé un débat à Nancy. J’y étais allé. Et je lui avais demandé si je pouvais venir travailler avec lui. Et surprise, il m’avait engueulé en me disant, en gros : “Tous les jeunes journalistes rêvent de travailler à Paris. Mais c’est débile. Car c’est en province qu’il y a le plus de boulot à faire pour faire des journaux dignes de ce nom”. J’ai retenu la leçon. En 30 ans de journalisme, j’ai toujours travaillé en “province”. Mais les jeunes journalistes sont toujours aussi fascinés par Paris. On le voit bien quand on recrute à la sortie des écoles de journalisme.
Au dernier moment, je me suis faufilé dans la délégation municipale qui va passer cette semaine à Dubaï. Mais j’ai dû faire le forcing car tout Lyon voulait être du voyage. En plus j’ai dû prendre un avion de Genève. Je resterai deux jours seulement car Lyon Mag est en plein bouclage et je ne peux pas laisser tomber l’équipe. Mais j’avais envie de voir ce cheik Buti Saeed Al Gandhi qui veut reconstruire à l’identique le Vieux Lyon dans le désert. Il parait qu’il est tombé amoureux de Lyon. En plus ça sera l’occasion de me frotter à ce microcosme lyonnais qui rêve de voir Lyon Mag disparaître. Expliquer, convaincre et jamais baisser les bras.
Allez à jeudi prochain. Et surtout n’oubliez pas de réagir en envoyant vos mails.









Commentaire
Interpol
JAG