06-05-2008

HCL : une situation financière critique

Le directeur général des Hospices civils de Lyon Paul Castel vient de rendre public un audit réalisé par les cabinets HYGEE et KPMG, qui affirme que les HCL sont dans une situation financière critique.

Premier constat : les dépenses annuelles ont explosé, en passant de 58 millions d’euros pour la période 1991-2001 à 180 millions d’euros pour la période 2002-2010. Avec un pic des dépenses de plus de 350 millions d’euros prévu pour 2008. Autre révélation inquiétante : la dette atteint 507 millions d’euros. Et si la situation financière n’évolue pas, la dette pourrait dépasser les 1,25 milliard d’euros en 2012. Résultat : les conditions d’exploitation actuelles montrent l’impossibilité de poursuivre les dépenses d’investissement sur ce rythme.

"Inévitable"

Pourquoi de telles dérives ? “Car on a changé le système de tarification. Du coup, depuis 2004, le mode de financement des HCL dépend largement de leur activité et non plus d’un système de dotations” explique Jean-Louis Bonnet, directeur de l’Agence régionale d’hospitalisation. Même discours pour Etienne Tissot, le président de la commission médicale d’établissement : “L’arrivée de la T2A arrive au moment où se concentrent les plus gros investissements, avec la remise aux normes des HCL. Du coup, le déficit est inévitable”. Pourtant, les HCL comptent poursuivre leurs investissements, notamment pour moderniser l’hôpital Edouard Herriot, dont les dépenses risquent de largement dépasser les 300 millions d’euros. Mais aussi pour la reconstruction de la maternité de la Croix-Rousse qui devrait coûter 149 millions d’euros. Au total, plus de 900 millions d’euros d’investissements sont prévus d’ici à 2010. Sans diminuer les effectifs ni renoncer à certains travaux.
Alors comment faire baisser cette dette ? “Nous n’avons pas encore de solutions pour faire des économies mais il va falloir qu’on en trouve très vite” assure Paul Castel. Car les HCL ont jusqu’à 2012 pour équilibrer leurs finances et éviter de creuser encore le déficit.
Du coup, Gérard Collomb, maire de Lyon et président des HCL, a demandé à rencontrer la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, pour voir comment sortir les hôpitaux lyonnais de cette crise.
Bref, au final, une conférence assez langue de bois où les vrais problèmes de fonds n’ont pas été abordés. Dans le nouveau Lyon Mag qui sort ce mercredi, retrouvez une enquête complète sur la crise des HCL.

 

Commentaire

Antoine de Calade

Rien de ce que j'écris içi n'a été inventé, tout cela s'est passé le mardi 20 mai 2008 à partir de 10h30. Ayant été victime d'une fracture du col du fémur, je suis convoqué régulièrement (environ tous les 3 ou 4 mois depuis 2 ans) par le Chirurgien de contrôle-chirurgie de l'Hopital Edouard Herriot de Lyon pour vérifier l'évolution de cette opération ; ce n'est donc pas la première fois que je me rends à cette visite, chaque fois passage au pavillon de radiologie puis visite en pavillon chirurgie. De plus je suis obligé d'y aller par mes propres moyens car pour me permettre d'aider à combler le trou de la Sécurité sociale, cettre dernière me refuse désormais les prises en charge trajet par V.S.L quelqu'un dans un bureau ayant décidé que je pouvais marcher ! Le décisionnaire d'une telle ineptie peut être fier qu'il soit employé ou ministre ! Car il faut savoir que de plus je suis atteint d'un handicap de naissance (manque de péroné gauche), et que depuis mon accident, malgré des soins intensifs de kiné, j'ai toujours des problèmes de douleurs musculaires (d'où la suite des visites à ce jour) et que je marche difficilement, maintenant avec une canne. Je me suis donc rendu ce matin (à 25 kms de mon domicile) par le bus puis le métro, voyage déjà très fatiguant. Arrivée à l'Hopital Edouard Herriot, direction l'accueil pour faire tirer des étiquettes ( car comme tout le monde le sait, on ne peut pas être malade sans étiquettes...) ; là attente de 20 minutes car pour la totalité de l'Hopital (qui est une vraie ville) il y avait seulement 2 personnes à l'accueil...et elles prenaient leur pause !!!! Je pars ensuite, toujours à pied, au pavillon habituel B de radiologie : à l'accueil de celui-ci on m'annonce que les deux services de radiologie sont en panne, et que la réparation doit être faite avant 11 heures, justement...il est 11 heures. Un autre pavillon de radiologie T existe à l'autre bout de l'hopital, et en haut d'une colline, on m'envoie là-bas. Bien entendu je n'ai pas pu faire tout le chemin et je me suis arrêté en passant, furieux, au pavillon M de chirurgie pour me plaindre. La secrétaire a donc demandé que l'on vienne me chercher avec un fauteuil roulant pour m'emmener en radiologie...j'ai attendu 3/4 heure parce que c'était le changement de service de midi. Pendant ce temps une brave dame m'a expliqué qu'elle était là depuis 9h1/4 car on l'avait oubliée dans une salle d'attente de la radiologie. Et là je suis parti en promenade, à l'aise dans mon fauteuil, poussé par une gentille aide-soignante, dans les kilomètres de souterrains de l'hopital : ils sont toujours aussi sinistres avec des murs lépreux, les gouttières, les énormes tuyaux, les courants d'air. Arrivé au pavillon T, l'ascenseur monte-malade était en panne : il a fallu prendre le monte-charge des poubelles. Et après, tout s'est bien passé, j'en ai été étonné... A l'heure où une ministre de la Santé et un Ministre du Travail qui s'occupa lui-même de la Santé prennent si volontiers la pose dans les magazines autour de plantureux petits-déjeuners de travail, et viennent avec tant de complaisance nous dire à la télévision que nous sommes tous coupables, qu'ils en ont décidé ainsi et qu'il n'y a pas à discuter, on se pose des questions quant à la qualification réelle de toute la chaine décisionnelle, pour que de telles choses inadmissibles se passent au bas de l'échelle. matricule...1.08.48.69. etc...
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