On n’en a pas parlé jusqu’ici dans ce blog. Et pourtant c’est aujourd’hui un débat essentiel pour la vie politique française. Et Lyon joue un rôle clef dans ce débat puisqu’il a été lancé par Gérard Collomb.
Il s’agit du texte rendu public il y a quelques semaines par le maire de Lyon pour interpeller le Parti Socialiste qui va désigner son nouveau premier secrétaire en novembre prochain.
Pour faire simple, Collomb a réuni autour de lui quelques grands élus de province en tenant un discours de rénovation. Un discours pragmatique et concret qui au fond illustre l’action qu’il mène à la tête de la ville et de l’agglomération depuis mars 2001. Et que les Lyonnais ont approuvé massivement en le réélisant pour un second mandat.
Alors qu’au Parti socialiste les grands courants se déchirent en instrumentalisant le duel Royal-Delanoë, Gérard Collomb, lui, estime que cette bataille est suicidaire car elle réactive les deux travers qui plombent la gauche française depuis des années : l’idéologie et les querelles de personnes.
Un enjeu essentiel pour la gauche mais aussi pour la droite et le centre. Car sans une gauche moderne, impossible de rénover la vie politique qui aujourd’hui est indispensable sinon urgent.
Ce que dit le maire de Lyon ? Au fond, sa démarche est originale parce qu’il ne théorise pas. Il montre simplement quelle démarche il a adoptée sur le terrain pour démontrer quel doit être le chemin que la gauche doit choisir aujourd’hui face aux grands problèmes de société. Une démarche de bon sens qui consiste à dire : qu’est-ce qu’attendent de nous les les électeurs ? Des théories ou des résultats ?
Et c’est ce qui gêne les grands médias dans la méthode Collomb. Des médias qui ont jusqu’ici pratiquement boycotté cette initiative car le maire de Lyon refuse de plonger dans le jeu politicien à coup de petites phrases choc et de démonstrations brillantes.
Au fond, c’est une vraie stratégie de rupture que propose Collomb qui a d’autant plus de force qu’il n’est lui-même candidat à rien. Et ce n’est pas parce qu’il refuse les idéologies fumeuses qu’il ne s’appuie pas sur une analyse et des convictions solides. Bref, au lieu de ricaner, la gauche devrait l’écouter avec attention.
D’ailleurs Collomb définit parfaitement le malaise qui paralyse cette gauche : ‘”schizophrénie”. C’est-à-dire le grand décalage entre ses discours gauchistes et sa pratique réformiste quand elle est au pouvoir. Ce qui provoque à la fois des grands espoirs suivis automatiquement de déceptions tout aussi grandes. Une schizophrénie que veut soigner Collomb en imposant un traitement de choc qu’il baptise “clarification” pour engager la gauche à prendre un virage résolument “réformiste”.
Pas sûr que ça marche car aujourd’hui la schizophrénie socialiste est profonde. Et au fond assez confortable. Car elle évite une vraie remise en cause.









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