15-07-2008

Christophe Barbier juge Gérard Collomb

Directeur de la rédaction de L’Express, Christophe Barbier juge la démarche de Gérard Collomb pour réformer le PS.

Pourquoi Gérard Collomb n’a toujours pas réussi à s’imposer sur la scène politique nationale ?
Christophe Barbier : Jusqu’à sa réélection en mars dernier, je pense que Gérard Collomb a été victime d’un double complexe par rapport à ses prédécesseurs, Michel Noir et Raymond Barre. Un complexe de prudence vis-à-vis de Michel Noir, qui avait dynamisé et embelli Lyon sous son mandat, mais avec les dérives que tout le monde connaît. Du coup, la stratégie de Gérard Collomb était imprégnée de la fameuse discrétion lyonnaise.
Et pourquoi il complexait vis-à-vis de Barre ?
Parce qu’il souffrait d’un manque de notoriété. Et c’est vrai qu’il ne pouvait pas rivaliser avec un ancien Premier ministre. Ce double complexe a poussé Gérard Collomb à s’inscrire dans la proximité pendant son premier mandat. C’était un Lyonnais au service des Lyonnais. Sa priorité étant d’être réélu. Pas d’être une vedette médiatique.
Collomb peut devenir médiatique ?
Aujourd’hui, il n’est pas très à l’aise avec les médias. Or quand on veut avoir une notoriété nationale, il faut avoir un certain savoir-faire compatible avec le journal de 20h. Tout en marquant sa différence. Car pour exister, il faut incarner une voie originale.
Collomb est condamné à rester marginal au niveau national ?
Non, mais sa stratégie, c’est d’exister nationalement à travers ses réalisations à Lyon. Donc il avait besoin de faire un premier mandat. Et son bilan est bon, avec notamment les berges du Rhône et les Velo’v, qui ont attiré les regards des journalistes parisiens sur Lyon. Quand je suis descendu sur Lyon en septembre dernier, j’ai été frappé de voir à quel point les Lyonnais pensent que c’est un maire visionnaire, bâtisseur... Je me suis promené avec lui dans les rues de la ville, les gens l’abordaient pour le féliciter.
Vous pensez que son image est en train de changer ?
Oui, car il profite d’un bon bilan et d’une réélection triomphale, mais aussi d’une décantation du PS, qui le pousse à se situer au sein du parti. Trois facteurs qui lui donnent une audience nationale.
Ce que vous pensez de sa volonté de réformer le PS par la base, en prenant exemple sur le succès des élus locaux ?
S’il y a un domaine où ses prises de position seront écoutées, c’est tout ce qui relève de la politique de la ville. Un mélange de projets architecturaux forts et de mixité sociale mais aussi de protection de l’environnement. D’ailleurs, Lyon peut être une sorte de laboratoire pour le PS.
Mais vous pensez que sa démarche peut s’imposer au PS ?
J’ai un doute. Je pense que ce sera plus facile et plus intéressant pour Collomb d’être une force d’appoint, de Delanoë, Royal ou Aubry. Car pour le moment, l’opération Collomb-Guérini, c’est un peu du ni-ni. Ce qui n’est pas suffisant pour fédérer. Ils risquent donc de finir par soutenir une motion. A Collomb de bien négocier son ralliement pour faire partie de l’équipe dirigeante du PS.

 

Commentaire

Dada

Avec mes excuses, Collomb veut protéger l'environnement, bravo, avec son stade de Décines , c'est 20000bagnoles qui vont converger toutes les semaines sur cette ville, car son imagination n'a trouvé qu'une solution pour que les 60000 spectateurs se rendent au stade: des routes, des bagnoles.Collomb c'est le plus fort... en parole!

Dada

Brennos, très bonne question,cet homme est-il de gauche?, non il nous l'a dit il est avant tout pragmatique!!! un parti que je ne connaissais pas!! En tout cas il veut être un grand batisseur, comme au 20° siècle,son prédecesseur ZIZI le roi du béton. Sur Décines cela semble raté, son stade a du Pb dans l'aile, le commissaire a fait les mêmes remarques que les opposants que le socialiste Crédoz traitait de menteur pendant les municipales.La question du jour: Mais ou sont donc passés les socialistes ? ( Chut chez Sarko! )

Brennos

Cet homme est il encore de gauche ? est il encore autre chose que ses intérêts politiques au PS et économiques à Lyon ? Puisse t'il faire mentir l'adage que le deuxième mandat est celui de la petitesse, des jeux de cours et de l'aveuglement. Même si on est pas de son bord, on peut espérer que Lyon ne devienne pas le théâtre du "grand n'importe quoi" sous prétexte de réussite personnelle.
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