06-08-2008

“Il avait relevé le défi corse”

Installé depuis plusieurs années à Sisco en Corse, le Lyonnais Guillaume Sage a été tué le 16 juin par son voisin. Témoignage d’un de ses amis, Bertrand Guyot.

Pourquoi vous avez voulu témoigner ?
Bertrand Guyot : Parce que dans Lyon Mag vous parlez souvent des Lyonnais qui s’expatrient aux Etats-Unis, en Australie, à Singapour... Guillaume Sage est allé moins loin, mais il faut autant de courage pour s’expatrier en Corse. Il avait su relever le défi corse, ce qui n’est pas très fréquent pour un continental.
Comment vous aviez rencontré Guillaume Sage ?
C’était en 1997, quand il est venu dans ma boutique à Lyon pour me démarcher en tant qu’assureur. Il avait repris le cabinet de son père qu’il voulait développer. Et comme on a eu un bon feeling, il est devenu mon assureur.
C’était quel type d’homme ?
Il était grand et sec, près de 1,90 m, avec des cheveux ras. Du coup, sa silhouette ne passait pas inaperçue. Mais c’était surtout quelqu’un de très doux, gentil, attentionné et toujours à l’écoute des autres. Je me rappelle de notre premier contact : son sourire et son regard avaient quelque chose de rassurant. Moi qui suis hyper-stressé par mon boulot, il m’apaisait.
Vos relations ?
Même si je ne me considère pas comme un ami proche, on avait un point commun : on a dû gérer notre héritage familial. A l’époque, on parlait donc beaucoup de la difficulté de succéder à son père, de l’angoisse d’être à la hauteur...
Quand est-il parti en Corse ?
En 2002. Un jour, Guillaume est venu m’annoncer qu’il avait vendu son cabinet. Et qu’il partait en Corse avec sa femme et ses trois petites filles. Le tout avec un calme et un aplomb déconcertants. Alors qu’on est nombreux à se plaindre de notre vie, il avait eu le courage de franchir le pas. En laissant tomber une relative facilité lyonnaise pour choisir la difficulté en Corse.
Son projet en Corse ?
Avec son épouse Géraldine, ils avaient acheté un terrain et restauré une vieille bergerie à Sisco, au cap Corse, dans le nord de l’île. Et ils avaient construit trois nouvelles bergeries en pierre qu’ils louaient. D’où le nom du site : les bergeries du Campone. C’était un petit paradis, avec une piscine, une vue magnifique sur la mer et l’île d’Elbe...
Comment ils ont été accueillis ?
Ça a été un peu dur au début. Mais il avait compris que pour s’intégrer, il fallait redoubler d’effort. En étant plus sympa, plus dynamique, plus conciliant... Et même s’il a eu parfois la tentation de baisser les bras, il s’est accroché. Et ça a fini par payer.
Guillaume Sage était bien accepté dans son village ?
Oui, il était vraiment très impliqué dans la vie du village. Il a créé le marché de Sisco, développé le site internet de la commune, organisé les fêtes du 14 Juillet et du 15 Août... D’ailleurs quand ils ont appris sa mort, tous les habitants étaient sous le choc. En fait, Guillaume était vraiment très apprécié de tous ceux qui le connaissaient. Parce qu’il voulait toujours faire plaisir aux autres.
Son style de vie ?
Très simple. C’était une famille discrète et conviviale, qui n’avait pas un train de vie ostentatoire. Et même si leur domaine était magnifique, il s’intégrait tout à fait dans le style corse.
Comment sa famille a réagi ?
Je crois que son épouse est très forte. Les obsèques ont eu lieu en Corse, donc je ne pense pas que Géraldine ait envie d’abandonner l’aventure dans laquelle Guillaume s’était lancé.

Propos recueillis par Thomas Nardone
t.nardone@lyonmag.com


Une balle dans le dos
“Tout est parti d’un banal problème de mur mitoyen entre deux voisins, une affaire dans laquelle Guillaume n’avait rien voir. Ce litige a été évoqué au cours d’une discussion dans un bar à Sisco. Le ton est monté et un des protagonistes de l’affaire a ouvert le feu, faisant cinq blessés. Dont le voisin avec qui il était en conflit. Durant la discussion, il aurait également appris que Guillaume avait donné son avis sur ce litige. Il est alors monté aux bergeries de Campone, à environ 7 km de là. Guillaume était en train d’entretenir son terrain. Le gars lui a tiré dans le dos avec un fusil de chasse. Il ne lui a laissé aucune chance...”

 

Commentaire

Francesco

Un lapsus révélateur : Comment peut-on affirmer que la Corse "fait toujours partie de la France" et reconnaître implicitement que le gouvernement de la France ne concerne pas la Corse en utilisant l'expression"votre gouvernement" et non "notre gouvernement". Est-ce que les villas ou les exploitations des non corses systématiquement plastiquées sont une invention de Petillon, Ruquier, ou du gouvernement ? Est-ce que les administrations plastiquées, les gendarmeries mitraillées, les préfets assassinés sont des clichés tordus ou une façon d'être accueillant, chaleureux...J'aimerais que l'auteur de l'article précédent m'explique ces contradictions...

legendaire

Guillaume était en train d’entretenir son terrain. Le gars lui a tiré dans le dos avec un fusil de chasse. Il ne lui a laissé aucune chance...” La légendaire fierté corse ce tir dans le dos?

un gone corse

"Avoir le courage de s'expatrier en Corse" comment peut on ecrire de telle stupidité ? En premier lieu on s'expatrie à l'étranger,et que je sache la Corse fait toujours partie de la France. Ensuite, si la Corse était si dangeureuse pour les "français", comment se fait il qu'ils soient majoritaires sur l'ile. Il y a plus de 140 000 français, alors que les Corses ne sont plus que 90 000, et 40 000 immigrés, et le drame de votre ami aurait pu avoir lieu à Paris ou meme dans vos "belles banlieux lyonnaises" si paisibles. Arretez de repeter betement ce que vous entendez à la tele,apparement vous ne connaissez les Corses qu'à travers les BD de Petillon, ou les blagues racistes d'un Ruquier. Sachez que chez moi, en Corse nous pouvons sortir à n'importe qu'elle heure du jour ou de la nuit sans etre importune ou agresse, que l' on soit un homme ou une femme ,enffant ou vieillard,blanc, jaune ou noir, musulman ou boudhiste. Enfin chez moi, en Corse, le soir quand je rentre à la maison, je ne ferme pas ma voiture, quelque fois j'oublie meme les cles sur le contact, je ne ferme pas non plus la porte de ma maison, au cas ou quelqu'un aurait besoin d'aide. Voilà c'est cela mon pays et mon Peuple, des gens simples, chaleureux, acceuillants, genereux, et non pas l'image que l'on vous a mis en tete à coups de slogans et de clichés tordus, comme la politique de votre gouvernement.
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