10-09-2008

Presse : Lyon Mag gagne à Paris et perd à Lyon

Lyon Mag était poursuivi par deux magistrats pour diffamation. Les jugements ont été rendus ce mardi. La justice lyonnaise a condamné Lyon Mag alors que notre magazine a gagné à Paris. Assez révélateur !

Raymond Pezzati, ancien juge d’instruction à Vienne, poursuivait Lyon Mag en diffamation pour l’avoir mis en cause dans son dossier de mars 2006 sur les erreurs judiciaires. A l’époque, Lyon Mag avait publié une interview de Florent Brissot, un père de famille condamné à 10 ans de prison par la cour d’assises de l’Isère en octobre 2001 avant d’être innocenté un an plus tard par la cour d’assises de la Drôme grâce à la combativité de son avocate, Me Sylvie Noachovitch, qui avait souligné la partialité de l’instruction. Il avait d’ailleurs obtenu 145 000 euros devant la commission d’indemnisation. Mais il expliquait dans ce témoignage que cette affaire “le poursuivrait toute sa vie”.
Au départ, Raymond Pezzati avait assigné Lyon Mag devant la justice lyonnaise mais notre magazine avait obtenu que ce procès soit dépaysé à Paris pour éviter que sa plainte soit jugée par ses collègues. D’autant que le président du tribunal de grande instance de Lyon avait lui-même critiqué sévèrement ce dossier de Lyon Mag. Défendu par Me Hervé Guyennard, Raymond Pezzati réclamait près de 30 000 euros à Lyon Mag. Mais ce mardi 9 septembre, Lyon Mag, défendu par Me Basile Ader, a gagné ce procès car les magistrats du tribunal de grande instance de Paris ont considéré que cette enquête sur les erreurs judiciaires était “légitime” et que les propos de Florent Brissot avaient été fidèlement rapportés.

En revanche, dans une autre affaire où Lyon Mag était également poursuivi pour diffamation par un magistrat, la justice lyonnaise a au contraire refusé de se désaisir du dossier. Il s’agit de Jean-Pierre Béroud, le président de la cour d’assises de l’Isère, qui reprochait à Lyon Mag son article de décembre 2006 qui critiquait sa conduite du procès de Marc Cécillon, l’ancien rugbyman condamné pour le meurtre de sa femme. Le motif invoqué pour refuser ce dépaysement était assez artificiel, à savoir que ce magistrat dépendait administrativement de la cour d’appel de Grenoble et non de la cour d’appel de Lyon. Mais Lyon Mag avait démontré pour appuyer sa demande que de nombreux magistrats de Lyon avaient été auparavant en poste à Grenoble ou dans les tribunaux qui en dépendent. Ils avaient donc été en contact direct avec ce magistrat. Bref, il y avait une proximité évidente et le dépaysement de cette affaire dans un autre tribunal aurait évité de suspecter les magistrats lyonnais de partialité. D’ailleurs, l’audience de juin dernier avait révélé l’attitude très critique des magistrats lyonnais sur cet article. Sans surprise, la 6e chambre du tribunal correctionnel de Lyon a condamné Lyon Mag mardi pour diffamation à payer un total de 5 500 euros alors que Jean-Pierre Béroud réclamait 20 000 euros. Lyon Mag a fait appel de ce jugement.

 

Commentaire

Fredo

Je ne suis pas avocat de Lyon Mag mais il manque un petit éclairage juridique dans cette histoire. Pour éviter d'être condamné dans un procès, un media doit démontrer qu'il a écrit -à 1000 %!- l'exacte vérité, et c'est pas évident car il y a souvent un petit détail qui tue. Soit démontrer sa bonne foi, ce qui repose sur plusieurs points dont le sérieux de l'enquête, la légitimité de cette enquête... Or Lyon Mag parle de légimité donc ils ont sans doute gagné sur cet aspect. Mais c'est pas facile non plus car la bonne foi est une appréciation assez subjective. Et je veux bien croire que les magistrats soient plus ouverts sur ce point à Paris car on a une presse parisienne et nationale assez diverse. Alors qu'en province tout ce qui n'est pas fade à mourir d'ennui, se fait matraquer. Mais c'est une erreur de viser que la justice lyonnaise ! Essayer de critiquer les vins à Bordeaux et on en reparle !

André

Révélateur comme vous dites. La chambre spécialisée presse de Paris fixe certaines limites. Un magistrat qui a mis en tôle, à tort, un pauvre type, est quand même gonflé de faire en plus un proçès à ceux qui en parlent. En revanche, à Lyon, on est encore aux bon vieux réflexes corporatistes. En tout cas, je serais ce juge d'instruction, je serais vexé qu'on ait accordé une fleur à un président de cour d'assises en le faisant jugé à Lyon par ses (proches) collègues sans avoir profité du même traitement.

Justice impartiale

Ne savez-vous pas que les juges ne commettent aucune erreur, ils sont irréprochables. Dès que vous êtes entre leurs mains vous êtes mort. Même si vous êtes innocenté vous n'obtiendrez jamais la condamnation d'un juge. C'est la justice républicaine et démocrate, française je tiens le préciser.

sceptique

en gros, quand vous gagnez, c'est que les juges ont fait leur travail et quand vous perdez, c'est qu'ils sont partials... hum hum...
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