Au nom de la FPMR, Fédération de la presse magazine régionale dont il est secrétaire général, Philippe Brunet-Lecomte, directeur de Lyon Mag, vient d’adresser à Nicolas Sarkozy, dans le cadre des Assises de la presse écrite qui ont été lancées jeudi 2 octobre 2008 à l’Elysée, dix propositions concrètes. Voici le texte intégral qui a été adressé au président de la République.
10 propositions pour redynamiser la presse écrite
Voici 10 propositions pour recentrer le débat sur trois réalités majeures de la presse écrite en France : les régions, les petites entreprises et la responsabilisation des journalistes. Car l’essentiel de la presse écrite est ancrée en région, ne serait-ce qu’en terme d’audience. De plus, les petites structures jouent un rôle essentiel en terme de dynamique et d’innovation. Enfin, il ne faut pas oublier que le moteur de cette presse écrite, c’est le contenu produit par les journalistes qui sont de moins en moins associés aux stratégies rédactionnelles.
Ce qui explique en partie la crise actuelle. Et l’incapacité de la presse écrite à proposer des solutions concrètes pour impulser une dynamique nouvelle.
1. Rendre le pouvoir aux journalistes en les responsabilisant
- former les journalistes à la gestion, à la stratégie, au marketing... Notamment les cadres des rédactions. En encourageant la création d’écoles spécifiques pour qu’ils deviennent des journalistes entrepreneurs, soit créateurs d’entreprise soit gestionnaires actifs des entreprises où ils travaillent en étant étroitement associés aux stratégies des entreprises de presse.
- élaborer un nouveau statut des entreprises de presse qui facilitent l’émergence des journalistes à des postes décisionnaires (gestion, stratégie...), quitte à imposer des quotas.
- inciter les journalistes à créer des entreprises de presse, notamment en région, en développant des fonds d’investissements spécifiques qui puissent également accompagner ces créations de conseils et d’assistance.
2. Protéger et développer les petites structures
- encourager la fédération de ces petites entreprises de presse pour qu’elles puissent mutualiser certaines charges et certains investissements afin d’alléger leurs coûts : impression, papier, régie publicitaire, recherche-développement... A travers la création de GIE.
- créer des laboratoires de l’innovation en région pour développer de nouveaux concepts adaptés aux attentes du public avec obligations de résultats. Labos qui procéderont d’abord à un état des lieux territorial et qui seront cofinancés par les grands groupes de presse et qui pourraient bénéficier d’aides publiques sur des projets précis.
- développer une syndicalisation des entreprises de presse non plus seulement par périodicité (quotidien, hebdo...) ou la nature des supports (papier, télé, radio...) pour privilégier une logique régionale.
- associer les grands groupes de presse régionaux et nationaux à cette dynamique pour qu’ils aident et encouragent ces initiatives sans les phagocyter. Mais aussi les groupes audiovisuels et de gratuits qui puisent largement dans les contenus de la presse écrite.
3. Remettre les régions au centre d’une nouvelle dynamique presse
- rétablir un vrai pluralisme et une vraie concurrence dans les régions où des grands groupes ont une position de quasi monopole, ce qui bloque toute innovation. Et ce qui est préjudiciable à ces grands groupes qui, vu leur lourdeur, ont une faible réactivité notamment face à la crise. Mais aussi ce qui stérilise les contenus.
C’est un élément essentiel pour la presse qui est avant tout régionale en terme d’audience et de diffusion mais également pour la décentralisation elle-même qui souffre de cette pauvreté médiatique en région, à la différence, par exemple des Etats-Unis.
- imposer la transparence des budgets publicitaires des collectivités locales en créant des règles simples justifiant ces investissements publicitaires sur la base de l’audience et non des contenus. Tout en protégeant les start-up. Au nom d’une gestion saine de l’argent public. Un principe qui doit également s’appliquer pour les budgets nationaux des grandes administrations.
- encourager l’implantation des “élites” journalistiques en région pour éviter cet “exode” à Paris où seule une minorité s’impose dans un univers ultra-concurrentiel alors que les autres se stérilisent dans des galères avant de se reconvertir dans d’autres secteurs d’activité. Ce qui prive les régions d’un certain nombre de “cerveaux”. Pour cela il faudra développer des “passerelles” professionnelles Paris-Régions.









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